Landes : à 28 ans, cet ingénieur en cybersécurité produit des asperges, voici pourquoi

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À 28 ans, il a quitté les écrans pour les champs. Et son pari intrigue, parce qu’il touche à deux mondes que l’on oppose souvent. D’un côté, la cybersécurité. De l’autre, l’asperge des sables des Landes, une culture exigeante mais pleine d’avenir.

Un changement de vie qui ne doit rien au hasard

Matthieu Vandame a grandi en région parisienne. Ingénieur en cybersécurité de formation, il a travaillé cinq ans comme consultant en informatique. Puis, un jour, le besoin de concret s’est imposé. « Il était temps pour moi de revenir à quelque chose de plus concret », explique-t-il.

Ce type de virage surprend toujours un peu. Pourtant, il dit quelque chose de très simple. Beaucoup de jeunes cherchent aujourd’hui du sens, du terrain, du réel. Faire quelque chose de ses mains n’a rien d’anodin.

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Pourquoi l’asperge l’attire autant

Sur la ferme familiale, à une trentaine de minutes de l’océan, poussent déjà du maïs doux, du maïs semence, des haricots verts et des carottes. La surface totale dépasse un peu 400 hectares. L’asperge vient donc compléter un ensemble déjà solide.

Et ce n’est pas un choix au hasard. L’asperge est une culture pérenne. Une aspergeraie produit pendant huit à douze ans. Autrement dit, c’est un investissement de long terme, avec des récoltes qui peuvent durer plusieurs saisons.

Il y a aussi une raison économique très concrète. L’asperge permet de réduire la dépendance au prix du maïs, souvent plus instable. Pour un agriculteur, cette diversification change beaucoup de choses. Elle sécurise un peu mieux l’avenir.

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Une culture délicate, presque exigeante au millimètre

On imagine parfois que produire des asperges est simple. En réalité, c’est tout l’inverse. Matthieu Vandame le sait bien. La culture demande de la main-d’œuvre, de la précision et beaucoup d’attention au moment de la récolte.

Les griffes qu’il va planter viennent des Pays-Bas. Elles peuvent produire jusqu’à dix ans. Mais il faut attendre. Les premières asperges ne se récoltent que l’année suivant la plantation. Ici, la patience n’est pas un luxe. C’est une règle de base.

Autre point clé, et pas des moindres. Après la récolte, les asperges doivent être mises au froid dans les quatre heures. C’est rapide. Très rapide même. Sinon, la qualité baisse et toute la valeur du produit peut en souffrir.

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Le rôle décisif de la coopérative

Pour lancer cette nouvelle culture, Matthieu Vandame s’est appuyé sur Maïsadour. La coopérative compte une vingtaine d’adhérents producteurs d’asperges, sur un peu plus de 300 hectares. Elle ne sert pas seulement de relais commercial. Elle accompagne aussi sur le terrain.

Avant de planter, une analyse des sols a été réalisée. La coopérative a aussi conseillé le jeune agriculteur sur les variétés et les pratiques culturales. Résultat, deux variétés ont été retenues : Vitalim et Grolim. Ce choix compte énormément, car une asperge réussie commence bien avant la récolte.

Maïsadour finance aussi 50 % du coût des griffes pour un nouveau producteur. Elle participe également à une partie du coût des arceaux placés sous le paillage thermique en plastique. Quand on démarre, ce genre d’aide fait une vraie différence.

Un travail facilité par l’expérience familiale

Dans cette ferme, il y a aussi un autre avantage précieux. Le père de Matthieu a déjà cultivé plusieurs parcelles d’asperges entre 2009 et 2022. Le jeune agriculteur peut donc compter sur du matériel déjà présent sur place.

Il dispose notamment d’une douzaine de machines. Il y a même une buteuse pour former les buttes. Au final, il ne devra acheter qu’un atomiseur pour les traitements. Là encore, le fait de reprendre une exploitation familiale change tout. On ne part pas de zéro.

Ce que cette reconversion raconte sur l’agriculture d’aujourd’hui

L’histoire de Matthieu Vandame parle d’un mouvement plus large. De plus en plus de personnes cherchent un métier utile, visible, ancré dans le réel. L’agriculture attire parfois des profils inattendus, justement parce qu’elle oblige à voir le résultat de son travail.

Produire des asperges, ce n’est pas seulement cultiver un légume. C’est gérer un cycle long, des coûts, des sols, des ouvriers, de la météo et de la qualité. C’est un métier de décisions rapides et de patience immense. Le contraste avec la cybersécurité est fort, mais il rend son choix encore plus parlant.

Au fond, son parcours rappelle une chose simple. On peut quitter un univers très numérique pour revenir à une activité concrète sans renoncer à l’ambition. Au contraire, ce retour au terrain peut devenir une vraie force.

Une filière locale qui cherche à durer

Dans les Landes, l’asperge des sables garde une place importante. L’IGP renforce son identité et sa valeur. Pour les producteurs, c’est un signe de reconnaissance. Pour les consommateurs, c’est aussi une garantie d’origine et de méthode.

En misant sur 5 hectares dès ce printemps, puis sur 20 hectares d’ici 2029, Matthieu Vandame avance par étapes. C’est prudent. C’est intelligent aussi. Dans l’agriculture, les grands élans ne servent à rien s’ils ne sont pas solides.

Son histoire donne envie de regarder autrement ce que l’on mange. Derrière une botte d’asperges, il y a souvent une décision courageuse, des choix techniques précis et beaucoup de travail discret. Et parfois, il y a même un ancien expert en cybersécurité qui a décidé de revenir à l’essentiel.

Caroline Beaufils
Caroline Beaufils

Je suis cheffe cuisinière formée à l’Institut Paul Bocuse et ancienne seconde dans un restaurant gastronomique étoilé de Reims. Après plus de 12 ans en cuisine et en conseil culinaire pour des maisons d’hôtes et tables bistronomiques, je me suis spécialisée dans la mise en valeur des produits locaux champenois et des accords mets-champagne. Mon travail mêle création de menus, carnets de voyage gourmands et conseils pratiques pour sublimer la table au quotidien. J’écris ici pour partager une cuisine vécue au service d’un art de vivre chaleureux et exigeant.

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