Il y a des desserts qui réchauffent le cœur avant même de sortir du four. Le far breton de grand-mère au beurre salé fait partie de ceux-là. Une odeur de beurre chaud, une texture entre flan et gâteau, des bords bien dorés… et soudain, tout paraît plus simple.
Vous pensez que c’est compliqué à faire ? Pas du tout. Avec quelques ingrédients du placard, un four bien chaud et deux ou trois gestes malins, vous obtenez un far fondant, comme en Bretagne, à partager encore tiède autour de la table.
Le far breton nature au beurre salé : simple, authentique, et sacré en Bretagne
En Bretagne, le far nature, c’est presque une religion. Pas de pruneaux, pas de chichi. Juste des œufs, du lait entier, de la farine, du sucre, de la vanille, et surtout, du beurre salé en bonne quantité.
Ce beurre salé, c’est lui qui fait toute la différence. Il donne une croûte caramélisée sur les bords, un parfum irrésistible et une texture moelleuse au cœur. Un peu comme un flan, mais en plus gourmand, plus rustique, plus chaleureux.
Un vrai dessert de famille, celui que l’on pose au milieu de la table, encore fumant, et que tout le monde découpe en gros carrés. Rien de sophistiqué, mais un goût qui reste longtemps en mémoire.
Ingrédients du far breton de grand-mère au beurre salé
Vous allez voir, tout est simple et précis. Avec ces quantités, vous obtenez un grand plat familial (environ 6 à 8 parts généreuses).
- 200 g de farine de blé (type 45 ou 55)
- 200 g de sucre en poudre
- 2 sachets de sucre vanillé (soit environ 14 à 16 g)
- 4 œufs (taille moyenne)
- 50 cl de lait entier (500 ml, si possible à température ambiante)
- 50 g de beurre salé pour la pâte
- 20 g de beurre salé supplémentaires pour bien graisser le plat
Si vous aimez le goût marqué du beurre, vous pouvez monter jusqu’à 70 g dans la pâte. Le far sera encore plus fondant et parfumé. Mais gardez toujours un peu de beurre pour le plat, c’est la clé de la croûte dorée.
La vraie méthode : une cuisson au beurre chaud pour une croûte dorée irrésistible
Le secret de ce far tient dans un geste précis : verser la pâte dans un plat brûlant, nappé de beurre chaud. Cela change tout. La pâte « saisit » au contact du beurre. Elle gonfle un peu, forme une bordure caramélisée. Et vous obtenez ce contraste croûte dorée / cœur fondant que l’on adore.
Étape 1 : préchauffer le four et préparer le beurre
- Préchauffez votre four à 230°C chaleur traditionnelle.
- Choisissez un plat à gratin assez profond, environ 30 x 20 cm.
- Coupez les 70 g de beurre salé (50 g pour la pâte + 20 g pour le plat) en petits morceaux et déposez-les au fond du plat.
- Glissez le plat au four pendant quelques minutes, juste le temps que le beurre fonde et commence à prendre une teinte légèrement noisette.
Surveillez bien. Le beurre doit être chaud et mousseux, mais pas brûlé. Cette étape donne ce goût de beurre noisette typique des desserts de grand-mère.
Étape 2 : préparer une pâte lisse et sans grumeaux
- Dans un grand saladier, versez les 200 g de farine, les 200 g de sucre et les 2 sachets de sucre vanillé.
- Mélangez à la cuillère ou au fouet pour bien répartir les sucres dans la farine.
- Ajoutez les 4 œufs, un par un, en fouettant entre chaque ajout.
- Versez ensuite le lait entier en deux fois. D’abord la moitié, fouettez bien pour lisser la pâte. Puis l’autre moitié, toujours en mélangeant.
La pâte doit être fluide, un peu comme une pâte à crêpes, sans grumeaux. Si besoin, vous pouvez passer un petit coup de mixeur plongeant. Le far n’en sera que plus régulier et fondant.
Étape 3 : verser sur le beurre chaud et enfourner
- Quand le beurre dans le plat est bien chaud, sortez-le du four avec précaution.
- Versez la pâte immédiatement dans le plat, par-dessus le beurre. Ne mélangez pas.
- Le beurre va remonter par endroits, c’est normal. C’est ce qui crée la croûte dorée à la cuisson.
- Réduisez la température du four à 210°C, puis enfournez le plat.
- Laissez cuire environ 30 à 35 minutes, selon votre four.
Le far est prêt quand les bords sont bien dorés et que le centre est pris, mais encore légèrement tremblotant. Un peu comme un flan. En refroidissant, il va se raffermir tout en restant moelleux.
Comment réussir à coup sûr un far fondant, comme en Bretagne
Vous voulez ce fameux far qui se tient bien mais fond en bouche ? Quelques détails font vraiment la différence. Ils sont simples, mais précieux.
- Utiliser du lait entier : il apporte du gras, donc du fondant. Avec un lait écrémé, la texture sera plus sèche.
- Ne pas trop cuire : si le far est trop ferme et sec, c’est souvent une cuisson trop longue. Arrêtez dès qu’il est juste pris.
- Laisser tiédir avant de découper : chaud, il est trop fragile. Attendez au moins 20 à 30 minutes pour des carrés nets.
- Bien beurrer le plat : le beurre doit clairement napper le fond. C’est lui qui fait la croûte caramélisée.
Si vous aimez le far encore plus crémeux, vous pouvez ajouter 5 cl de crème liquide en remplaçant une partie du lait. Le résultat sera très onctueux, presque comme une crème prise.
Un gâteau familial plein de tendresse qui traverse les générations
Ce far breton de grand-mère, ce n’est pas juste un dessert. C’est un souvenir. Il rappelle les dimanches un peu frais, les grandes tablées, les assiettes encore tièdes que l’on finit du bout de la cuillère.
On le prépare en quelques gestes, sans robot compliqué, sans décoration sophistiquée. Pourtant, il apporte une vraie émotion. Celle des recettes qui se transmettent, qu’on apprend un jour à faire soi-même, presque avec un petit pincement au cœur en pensant à celle ou celui qui l’a montré en premier.
Servi tiède ou froid, découpé en gros carrés, il est parfait avec un verre de cidre brut bien frais, ou simplement un café ou un bol de lait. Le lendemain, il est encore meilleur, les arômes de beurre et de vanille se sont mariés. Un dessert qui ne se démode pas, qui ne prend pas une ride.
Si vous le testez une fois, il y a de grandes chances qu’il rejoigne votre liste de recettes fétiches. Celles que l’on refait sans réfléchir, presque par réflexe, dès qu’on a besoin d’un peu de douceur à la maison.





